Cyborg rituals.
year 2024 • installation immersive
Cyborg rituals propose d’assister à une cérémonie orchestrée par une IA, performée en vidéoconférence simultanément par deux artistes : Lola Rossi et Kris Hastings. Ce rite vise à invoquer une entité digitale, avec un rituel élaboré à partir d’un algorithme nourri par des données sur les rituels culturels de la mythologie norvégienne et de l’occultisme français du XIXe siècle.
De nouveaux types de rituels prennent place dans nos vies modernes: La méditation guidée, les cérémonies virtuelles, les retraites spirituelles en ligne, les funérailles digitales… Ces rituels servent d’espaces importants pour l’expression du lien communautaire, pour la création d’espaces inclusifs, militants et fluides. Cyborg Rituals présente une performance de deux artistes se soumettant aux directives d’une intelligence artificielle. Les corps des artistes performants deviennent des avatars, des inputs, des corps interfaciels questionnant le contrôle que nous exerçons, ou cédons. Est-ce que nous ressentons une véritable “élévation spirituelle” ou est-ce une imitation artificielle créée par les algorithmes?
À travers la performance, des projections apparaissent à plusieurs niveaux au-dessus du spectateur.ice, à la manière de « pop-up » agressifs rappelant l’esthétique net.art, s’intensifiant au fur et à mesure de l’invocation d’une « entité digitale supérieure”. Les deux artistes, qui ne se sont jamais rencontré.es, proposent ainsi de créer et générer un nouvel espace de communication et d’exploration des tensions entre nos émotions, intuitions et des éléments non-humains. L’IA devient un.e médiateur.ice, guide, outil, permettant de transcender les pratiques anciennes pour proposer des pistes d’approches fluides, fragmentées et multiples, plus adaptées à nos identités cyborgs post-modernes.
Le projet a été réalisé dans le cadre de la saison 2024 du projet City2City, avec le soutien du Centre des arts d’Enghien-les-Bains, Scène conventionnée Art et création et du réseau des villes créatives de l’UNESCO.
En collaboration avec Kris Hastings
Scénographie : Vera Granger
Cyborg Rituals — vue d’exposition, Bains Numériques #11, 2024.
Cyborg Rituals — vue d’exposition, Bains Numériques #11, 2024.
Cyborg Rituals — vue d’exposition, Bains Numériques #11, 2024.
Cyborg Rituals — vue d’exposition, Bains Numériques #11, 2024.
Cyborg Rituals — vue d’exposition, Bains Numériques #11, 2024.
urformen_
archéologie du futur • projet en cours • image fixe • en partenariat avec Carlos Barrantes (artisan d’art)
Urformen_ est une archive fictive d’organismes générés qui n’ont jamais pu exister biologiquement. Un modèle de génération est entraîné sur des spécimens réels de flore et d’organismes, prélevés dans un territoire donné. Il en extrait les logiques de croissance, les morphologies, les ramifications, et produit des formes qui ressemblent au vivant sans en avoir la substance. Des organismes impossibles, nourris de biodiversité réelle.
Pour leur donner corps, je me réapproprie un savoir-faire du XIXe siècle que Carlos Barrantes, artisan d’art spécialisé en procédés photographiques historiques, a hybridé : la platinochromie, un procédé qui superpose un tirage platine-palladium (structure tonale, profondeur, permanence de 500 ans) et une impression pigmentaire numérique en couleur.
Ce projet explore la forme détachée de sa fonction. Dans la nature, chaque structure organique répond à des contraintes physiques précises : un arbre se construit selon les flux de sève, un corail selon l’hydrodynamique, un coquillage selon la mathématique de la croissance spiralée. L’IA reproduit leur apparence sans leur sens. C’est la plastique biomécanique sans la fonction.
Les résultats sont des organismes hybrides qui échappent à toute classification : ni plante, ni corail, ni minéral. Les structures semblent organiques mais défient les lois de la croissance, de la biomécanique, de l’évolution. Des formes ambiguës d’échelle, impossibles de dire si on regarde au microscope ou face à un monument.
SK_ Silent Key
Machine spirite pour écoute des fréquences résiduelles • Installation sonore et sculpturale, objet suspendu
projet en cours
Dans le jargon des radioamateurs, SK (…-.- ; Silent Key) est l’ultime prosigne : le point final d’une transmission et l’annonce du décès d’un opérateur. La station se tait, le signal s’effondre. SK est une machine conçue pour écouter après le silence : un récepteur de fréquences résiduelles qui persistent dans l’éther.
Cette œuvre puise sa source dans une mémoire d’enfance, celle d’un grand-père champion de morse. Après sa disparition, le poste radio n’a plus transmis que du bruit blanc, ce « souffle » entre les fréquences où s’inscrit la recherche des Electronic Voice Phenomena (EVP).
L’installation se présente comme un organe suspendu : une membrane de silicone iridescent irriguée par des réseaux de cuivre qui captent le spectre électromagnétique ambiant. Un récepteur SDR et un traitement algorithmique parcourent ce flux à la recherche de patterns vocaux et de structures rythmiques proches de la parole. Prolongeant la lignée des machines spirites de Tesla ou Raudive, l’œuvre les relit à travers un prisme cyber et éco-féministe : le bruit – QRN, souffle, interférences – n’y est plus un défaut, mais une matière active, porteuse de traces et de voix potentielles. La sculpture ne possède pas de haut-parleur : elle parle par son propre corps via un transducteur vibroacoustique. La membrane oscille, vibre et murmure, rendant sensible une archéologie des mémoires spectrales.
Coproduction : Ambivalences – programme interrégional pour la création artistique en environnement numérique. Un dispositif piloté par Electroni[k] pour la Bretagne, Oblique/s et Station Mir pour la Normandie et Stereolux pour les Pays de la Loire, avec le soutien du Ministère de la Culture et des DRAC Bretagne, Normandie et Pays de la Loire.
Soft Index
2026 • en cours • affichage en espace public et page web interactive
La paréidolie nous fait reconnaître des figures familières dans les nuages, les vagues ou les reflets. Ces apparitions racontent quelque chose de notre regard, de nos souvenirs et de nos croyances. Que voit une machine dans ces mêmes surfaces ?
Soft Index observe en continu le ciel de Noci à travers une webcam météorologique. Jour et nuit, un ordinateur tente d’y reconnaître des formes. Il retrouve dans les nuages des représentations héritées de notre culture visuelle : une mère, une veuve, une sorcière, une bouche, un sein, une main. Il en dessine les contours, leur attribue un nom et un score de confiance. Deux réponses lui restent pourtant ouvertes, rien et personne, qu’il ne choisit presque jamais.
À partir de ses observations, la machine formule des présages. Elle devient augure, lisant les signes d’un avenir dans les images du passé. L’image affichée sur le panneau est l’une de ces lectures. En son centre, une prédiction : « Una trasformazione è in corso », une transformation est en cours. Dans cet espace habituellement réservé à la publicité, les figures féminines projetées dans le ciel font écho à celles qui occupent depuis des décennies les murs de nos villes.
Que signifie aujourd’hui veiller sur le ciel : rêver, attendre une éclaircie, guetter un drone ? Les mêmes outils servent à observer, à classer et à désigner une cible. En les détournant vers la contemplation, dans le sillage de l’écologie de l’attention d’Yves Citton, Soft Index invite à laisser une forme demeurer incertaine et à accueillir ce qui échappe au classement.
_birds
projet en cours • 2026
J’imagine un futur où les machines chercheraient des signes de vie dans les bruits résiduels de nos civilisations. À partir d’un signal lointain, composé d’ondes courtes captées par des récepteurs distants, un algorithme interprète ce qu’il reçoit et croit y reconnaître un chant d’oiseau.
Chaque détection est enregistrée comme un spécimen : nom latin, score de confiance, extrait sonore et planche photographique. Aucun oiseau ne se trouve pourtant dans l’éther. La machine applique à une matière électromagnétique une taxonomie apprise à partir du vivant.
Dans la Rome antique, l’augure délimitait dans le ciel un espace d’observation — le templum — puis interprétait le vol et le chant des oiseaux qui le traversaient. L’interface reprend ce principe sous une forme contemporaine : des cercles concentriques, inspirés de l’ars combinatoria de Llull et des roues de mémoire de Bruno, associent progressivement une fréquence à une espèce.
Chaque détection met ainsi en relation deux systèmes qui ne partagent aucun langage : le spectre électromagnétique et la taxonomie ornithologique. La machine cherche à établir une correspondance, et à repérer une trace du vivant dans ces fréquences résiduelles.
états synthétiques.
projet en cours • en binôme avec hugo scurto, artiste-chercheu•r•se • installation sculpturale
Etats synthétiques est une recherche-création interdisciplinaire visant à explorer le potentiel de l’IA générative à produire des états non ordinaires de conscience. Nous proposons de créer une installation immersive, où l’IA générerait des séquences audiovisuelles, susceptibles d’induire des transes cognitives chez une pluralité de publics. S’inspirant du cyberféminisme, l’expérience entremêle l’IA à notre corps-esprit pour reconnaître nos ressources intérieures et les reconnecter au monde extérieur.



















